1. Street art

La philosophie du trompe l’oeil à la craie

Le trompe l’œil sur le sol à la craie est une pratique urbaine s’inscrivant dans le street Art. Le terme précis en est l’anamorphose : c’est une perspective inversée et il s’agit de savoir ce que l’on doit dessiner vu du dessus sur un plan horizontal pour obtenir une forme cohérente à un point de vue donné dans l’espace. Par l’émergence d’un objet imaginaire elle permet de créer son propre décor, de se réapproprier l’espace urbain,  d’habiter son lieu de vie mais aussi de se relier en interpellant les passants.

Ces œuvres éphémères nous renvoient à la conscience de l’impermanence, fondement de notre humanité, base de la culture et des traditions.

Véronique Moinard, auteur et intervenante est née le 24 mai 1957. Après 5 ans d’études artistiques et des expériences professionnelles diverses, elle devient illustratrice – graphiste en freelance, spécialisée dans l’illustration réaliste et les perspectives d’architecture.

Dans les années 90, l’apparition de l’ordinateur a bousculé l’espace professionnel et la pratique du dessin s’est limitée physiquement à une pression du doigt sur la souris, une approche de la couleur dépendante de l’étalonnage de l’écran et de l’imprimante, en pourcentage CMJN ou RVB. Adieu le sensible, la lumière du jour, la poésie d’un bleu outremer, d’une ombre brulée ou d’un jaune de Naples. Bonjour la position assise, statique et l’enfermement… En 2008 j’ai dit STOP !

Inquiète des problèmes environnementaux et intéressée par le travail de Julian Beever très médiatisé sur le web, c’est en réalisant l’ours sur la banquise place du Ralliement à Angers que j’ai pris conscience des contraintes liées à la taille de ces créations. L’idée de patrons, ainsi que de participation collective se sont imposées.

Puis dans l’idée  d’une transmission des savoirs du dessin, la méthode de création de volumes à partir de bases géométriques simples a pris forme.

Le dessin étant éphémère, la mise en scène finale nous permet grâce à la photographie d’être dans l’image, inaugurant le nouveau paradigme : soyons acteurs du ré-enchantement du monde.

Ma démarche est essentiellement pédagogique et privilégie la sensation à l’explication technique. Mon objectif est de redonner du sens au regard, de montrer l’illusion sous-jacente à ce que nous donne à voir la société par  la mise en scène d’un objet et l’illusion qu’il recouvre.

null
Nos réalisations
Voir nos anamorphoses
Par ici

Pour toute demande :

 

Téléphone : 07 83 98 43 21

2. Outils de formation et de pratique

Le trompe l’oeil à porter de la main

Forte de nombreuses créations d’anamorphoses seule ou avec un public participants d’enfants, adolescents ou adultes depuis 2010, j’ai mis au point 2 méthodes afin que cette activité artistique soit accessible à tous dans l’espoir qu’il devienne un art populaire favorisant le lien et participant à la transmission des savoirs. Illustration de : imaginons ensemble notre espace à vivre, l’objectif est de faciliter l’accès à cette pratique d’une manière autonome via des tutoriels vidéos et des mallettes pédagogiques sous la forme de patrons et de fiches pratiques. Elle s’adresse autant aux animateurs ou enseignants qu’aux particuliers passionnés de dessin et de street art.

Soucieuse du respect de la législation, pour tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, les places et sur la voie publique, la mise en acte de ces deux méthodes ne nécessite aucun appareillage particulier et laisse le champ libre à la circulation.

Nul besoin de locaux particuliers, juste un sol stabilisé, et pour plus de sureté un abri couvert en cas de pluie. Le matériel : craies, pastels, charbon de bois, cartons et chiffons en font un loisir peu onéreux.

Les mallettes pédagogiques sont réalisées d’une manière artisanale et leur utilisation a été expérimentée lors de nombreuses animations. Le temps de mise au point d’une mallette étant plutôt long je propose une nouveauté tous les ans.

Actuellement le choix des thèmes des mallettes est relatif aux problèmes environnementaux et fait écho à une phrase de Georges Moustaki pour introduire sa chanson «  il y avait un jardin » : C’est pour les enfants qui naissent et qui vivent entre l’acier et le bitume, entre le béton et l’asphalte et qui ne sauront peut-être jamais que la terre était un jardin.

null
Mallettes pédagogiques
Découvrez nos mallettes pédagogiques
Par ici
null
Les tutoriels vidéo
Découvrez nos tutoriels vidéos
Par ici

3. Intérêt pédagogique

Apprendre à dessiner, c’est apprendre à regarder

De part son inscription dans l’espace urbain, le trompe l’œil à la craie est une activité artistique basée sur le vivre ensemble. Elle rassemble. La réalisation collective de ces œuvres ouvre au respect, au  partage, et à la coopération. Elle répond au besoin de reconnaissance et d’appartenance sociale. Elle peut-être un levier à une démarche participative et citoyenne. Son résultat est esthétique et valorisant. Ludique, elle met en jeu la motricité globale, renforce la confiance en soi et favorise la créativité. Cette activité demande toutefois une bonne vision dans l’espace et devrait servir à l’acquérir.

Pratiquée en extérieur elle propose l’observation de l’environnement, de la lumière, des lignes, de la circulation.

Parce que la taille est importante, le lieu est capital.  En pénétrant dans une dimension inhabituelle à l’exercice du dessin, on met en scène l’échelle humaine perceptible dans la mise en scène avec les acteurs.

C’est une illusion. A partir de la notion de point de vue elle peut servir de support à une réflexion philosophique, au développement d’un esprit critique.

Selon le projet développé elle peut aussi faire l’objet de passerelle et d’échange vers divers thèmes.

Ephémère, elle permet l’erreur et l’expérimentation.

La technique de la craie et du pastel n’exige pas d’habileté particulière et rend possible l’expérience sensible de la couleur et de la forme par l’immersion dans la taille des dessins.